Revue 131

RÉSUMÉS du N° 131

Bruno Montamat
Adeline Oppenheim Guimard (1872-1965), artiste et mécène

L'artiste, Adeline Oppenheim (1872-1965), n'a été que brièvement évoquée dans les études consacrées à son mari l'architecte « Art nouveau », Hector Guimard (1867-1942). Pourtant aborder la vie et la personnalité d'une femme peintre, juive et américaine dans le Paris de la Belle Epoque puis de l'entredeux- guerres permet d'éclairer d'un jour nouveau l'intimité de cet architecte singulier comme l'évolution de la condition féminine au début du 20e siècle. Par ce mariage tardif et en parallèle de sa propre carrière artistique, Adeline Oppenheim Guimard a été le soutien fervent des recherches esthétiques de son mari. Son devoir de mémoire fut tel qu'elle donna, après la Seconde Guerre mondiale, aux musées français et américains, l'essentiel des œuvres qu'elle possédait, dernier hommage de celle qui avait voulu par leur union « faire de leur vie une œuvre d'art ». Article suivi par une généalogie de la famille Oppenheim.

Roger Mettout
La famille Mettout de Tlemcen (Algérie)

L'ancêtre le plus ancien de cette famille, retrouvé sur une liste de rabbins d'Algérie publiée par un site israélien, est Yaakov ben Moshé né en 1690, et décédé à Tlemcen en 1760. Sur son origine, deux hypothèses : une origine berbère judaïsée, ou une origine espagnole : à Guadalajara ont vécu au 14e siècle Samual ben Saadia Motot, philosophe, kabbaliste et traducteur et au 15e siècle son fils ou petit fils, Siméon, célèbre mathématicien. Ce dernier aurait quitté l'Espagne pour le Maroc suite à l'expulsion des Juifs en 1492. Le nom de famille s'est transformé dans les actes d'état civil français en Moutout, Moutot, Mattout, Mittout, mais il reste rattaché à la seule ville de Tlemcen. La généalogie de cette famille fait l'objet de cet article.

Pierre-André Meyer
Les ascendances de Simone Jacob et Antoine Veil

A l'occasion du décès de Simone Veil (1927-2017), survivante d'Auschwitz, ancienne ministre, ancienne présidente du Parlement européen, ancienne présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, membre de l'Académie française, son ascendance est retracée sur six générations, ainsi que celle de son époux Antoine Veil (1926-2013), qui reposera à ses côtés au Panthéon. En hommage à une personnalité d'exception qui a marqué son époque.

Françoise et Bernard Lyon-Caen
Élèves juifs au Gymnase protestant de Strasbourg au 19e siècle

Mis en présence de la collection des registres d'inscription des élèves du Gymnase Jean Sturm de Strasbourg (aujourd'hui collège et lycée), nous avons essayé d'y repérer les enfants de familles juives. Les premiers y apparaissent en l'An II et c'est finalement une liste de près de 350 nouveaux inscrits entre cette date et 1880 qui est proposée ici, avec les renseignements trouvés sur les familles et le devenir de quelques-uns de ces enfants eux-mêmes.

Anne-Marie Fribourg
Jeu de piste à Auxerre

Cet article montre comment au début du 19e siècle, loin des lieux traditionnels d'implantation des communautés juives, on peut être confronté à des transcriptions de noms dans des actes ayant très peu de rapport avec la réalité. Cela conduit à recouper les données dont on peut disposer pour reconstituer une famille et en retrouver les origines. Cela concerne la famille Félix venue d'Husseren (Haut-Rhin).

Alexander Beider
Bassan,Morteira et quelques autres noms “séfarades” d'Italie

Dans l'historiographie juive, on parle souvent des Séfarades et des Ashkénazes comme s'il s'agissait de groupes étanches. Or un certain nombre de familles ont des ancêtres à la fois venus de la péninsule ibérique et d'Allemagne. L'Italie représente la région où ce type de mélange était courant. Ici les Ashkénazes sont arrivés en masse aux 14e-15e siècles et les Séfarades sont arrivés plus tard. Leur premier groupe est apparu après l'expulsion d'Espagne en 1492. Le deuxième groupe est constitué par des ex-crypto-juifs, principalement portugais, qui arrivaient en Italie à partir du milieu du 16e siècle. En plus de ces groupes culturels bien distincts, on retrouve en Italie des Juifs « autochtones » dont les ancêtres vivaient dans la péninsule apennine depuis les temps de l'Empire romain, ainsi que des Juifs expulsés de France. Progressivement les différentes communautés juives d'Italie ont fusionné. L'article discute quelques exemples parmi les plus flagrants de la complexité des origines des Juifs italiens : les familles Basevi, Bassan, Castro, Morteira, Novara et Porto. Ces exemples illustrent un propos général : l'approche onomastique peut apporter des informations précieuses pour l'histoire et la généalogie.

 

Lire en ligne et télécharger (réservé aux adhérents abonnés à la revue)

Acheter ce numéro (exemplaire papier)