Claude Alexis Gras
Les Juifs de Traenheim (Bas-Rhin) aux 17e et 18e siècles
Signalé à Traenheim (Bas-Rhin) à partir de 1670, un modeste commerçant prénommé Costel semble être à l’origine de toutes les familles juives ayant résidé dans ce village jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. En se fondant sur des sources de nature variée (contrats notariés, registres fiscaux, épitaphes, notices de circoncision), l’étude cherche à reconstituer le plus précisément possible la généalogie et le parcours de ces familles : en premier lieu la famille des fils de Costel bien entendu, mais aussi les familles Lang et Schwartz, cette dernière comptant parmi ses descendants d’illustres rabbins, hommes d’État et mathématiciens.
Jean‑Claude Bouvat‑Martin et Pierre‑André Meyer
Regards nouveaux sur la généalogie des Juifs de Metz au 17e siècle : l’exemple des familles Emmerich et Zay
Dix-sept ans après la publication de La communauté juive de Metz et ses familles (1565‑1700) par le regretté Pascal Faustini, les auteurs font paraître un ouvrage traitant du même sujet mais apportant différents compléments et des retouches. Fondé principalement sur l’analyse de nouveaux documents notariés mais aussi sur une relecture de certaines notices du Memorbuch de la communauté juive de Metz, il propose des réponses à certaines énigmes généalogiques non résolues par Faustini et relève et rectifie plusieurs erreurs généalogiques contenues dans son ouvrage. Le présent article, consacré à l’une des familles importantes de cette communauté, en fournit une illustration. Partant de la découverte d’un acte de vente en hébreu de 1663, il présente une généalogie de la « branche de Gerson Emmerich et de Mardochée dit “de Hollande” » très différente de celle exposée par Faustini dans le chapitre « Emmerich » de son ouvrage, dont il corrige du même coup certains développements ayant trait à la famille Zay.
Denis Lévy
Les origines juives d’Hugo Pratt : fantasmes et réalité
Le grand auteur de bandes dessinées italien, Hugo Pratt, revendiquait des origines juives par sa mère. L’auteur avait un grand talent pour raconter des histoires, il l’a prouvé avec son héros Corto Maltese. Mais qu’en est‑il pour sa propre famille ? L’article essaie de démêler la part de fantasme et la part de réalité derrière ces affirmations.
Muriel Chochois
« Wilno, Sawicz 6 », dans les pas d’Asia Turgel (1922‑2020)
« Sawicz 6 », un portail, l’accès à une cour autour de laquelle s’ordonnent des bâtiments accueillant une trentaine de logements, un commerce en face de la rue, à gauche de l’entrée, dont une porte donne accès à la cour… ce paysage de Vilnius d’aujourd’hui fut aussi celui qu’Asia Turgel connut durant les dix‑huit années où elle vécut avec sa famille en ce lieu, de 1922 à 1941. Le paysage est resté le même ; la mémoire de ceux qui y résidèrent, jusqu’à ces journées de juillet à septembre 1941 où ils furent assassinés ou conduits au ghetto, s’efface. Le témoignage que livre Asia, en s’appuyant sur les recensements de la population, principalement juive, de cette cour, permet de faire venir à la lumière quelques noms, quelques parcours de vie. Approfondissant cette connaissance par quelques recherches généalogiques, cet article présente, sur les pas d’Asia Turgel, la vie et le destin d’hommes, de femmes, d’enfants qui vécurent en ce lieu.