Paru dans le dernier numéro de la revue HAYOM de la communauté juive libérale de Genève

Le 30 June 2026 à 12h00

Constantine

La parution de l'ouvrage de Michel Zaffran lève le voile sur un registre de naissances inédit des années 1840-1843, offrant une ressource inestimable pour l'histoire de la communauté juive constantinoise. 

Une découverte qui vient combler un vide historique majeur...

Son auteur, ingénieur et ancien directeur à l'OMS passionné de généalogie, publie 180 pages consacrées aux actes rabbiniques de naissances à Constantine entre 1840 et 1843. Un document exceptionnel qui repose sur un registre manuscrit original conservé aux Archives centrales pour l'histoire du peuple juif à Jérusalem. L'intérêt de ce registre réside dans sa rareté: il a probablement été mis en place à la demande des autorités coloniales françaises, juste avant l'instauration officielle de l'état civil pour les Juifs en juin 1843. Jusqu'alors, les détails de ces déclarations étaient inaccessibles aux chercheurs. Le travail de déchiffrage et de traduction, mené avec la collaboration du Grand Rabbin René Guedj et de Shmuel Mazel Tov, a permis d'analyser 272 déclarations de naissance. Le registre est rédigé en judéo-arabe (ma'alak), une langue caractéristique de la région de Constantine et de la Tunisie. Chaque acte fournit une mine d'informations: le nom du nouveau-né, le «dar » (la maison) de naissance, l'identité des parents, leur âge, leur profession, et parfois méme des mentions sur les grands-parents, les divorces ou le veuvage. L'ouvrage recense plus de 80 patronymes, parmi lesquels les familles Attali, Guedj. Halimi, Nakache, Sebbah ou encore Zerbib. Au-delà des noms, l'auteur explore les lieux d'habitation dans la ville et le lexique spécifique utilisé par la communauté à cette époque. Edité par le Cercle de Généalogie Juive, cet ouvrage illustré s'impose déjà comme une référence pour quiconque s'intéresse au patrimoine juif d'Algérie.