1808 - Prises de noms en France

Vous savez sans aucun doute que par le décret de Bayonne du 20 Juillet 1808, l'empereur Napoléon a exigé que tous les juifs de son empire prennent un patronyme et un prénom et se fassent enregistrer. Ces registres dont un bon nombre sont conservés sont une précieuse mine de renseignements pour la généalogie juive.

 

Le 20 juillet 1808, afin de stabiliser les variations de noms à l’intérieur d’une même famille, les Juifs ignorant souvent ce que sont un nom et un prénom, l’Empereur signe « un décret impérial concernant les Juifs qui n’ont pas de nom de famille et de prénom fixes ». Son article premier déclare qu’ils « seront tenus d’en adopter dans les trois mois » et « d’en faire la déclaration par-devant l’officier de l’état civil de la commune où ils sont domiciliés ». L’article 3, le plus important, est ainsi rédigé : « Ne seront point admis comme noms de famille, aucun nom tiré de l’Ancien Testament, ni aucun nom de ville. Pourront être pris comme prénoms ceux autorisés par la loi du 11 germinal an XI ». Il revient aux Consistoires (article 4), de « faire connaître à l’autorité si les Juifs ont individuellement rempli les conditions prescrites » ; si ce n’est pas le cas, « ils seront renvoyés du territoire de l’Empire ». Ce changement de nom imposé va à l’encontre d’une longue tradition juive célébrée, par exemple, par le Cantique des Cantiques qui considère que les Juifs ont été sauvés d’Égypte « parce qu’ils n’avaient pas changé de nom ». Il est toutefois limité dans son extension puisque l’article 5 déclare que « seront exceptés… les Juifs… lorsqu’ils auront des noms et prénoms connus et qu’ils ont constamment portés, encore que lesdits noms et prénoms soient tirés de l’Ancien Testament ou des villes qu’ils ont habitées ».

 

Pour l'Alsace et la Lorraine, les registres conservés ont été soigneusement dépouillés par Pierre KATZ. Le CGJ a publié ses travaux, que vous trouverez à la rubrique BOUTIQUE de ce site. Les index de ces 3 publications se trouvent ici :  1808-Bas-Rhin, 1808-Haut-Rhin et 1808-Lorraine.

Deux remarques au sujet de l'Alsace et de la Lorraine :
-le registre de Metz ne se trouve pas dans l'ouvrage sur la Lorraine mais nous sommes désormais en mesure de vous en donner une partie substantielle. Cliquez ici pour consulter ce qu'on a pu retrouver sur ce registre.
-le registre d'Oberdorf (68) n'est pas analysé dans l'ouvrage sur le Haut-Rhin mais il existe dans notre fonds de documentation (ref. T153) ou vous pouvez le consulter ou le commander.

Pour d'autres villes et villages de France, les analyses des registres de 1808 sont disponibles sur le site de la Nouvelle Gallia Judaica. On y trouve en particulier l'analyse des registres d'Aix-en-Provence, Arles, Avignon, Eygalières, Fontvieille, Marseille, Nice, Saint Rémy de Provence, Tarascon, Toulon ainsi que les registres consistoriaux de la même époque pour Abbeville, Amiens, Arras, Auxerre, Blois, Boulogne, Brest, Calais, Clamecy, Dunkerque, Fontainebleau, Lille, Moulins, Nantes, Never, Orléans, Valenciennes, Versailles et certains départements.

Une de nos adhérentes (Claudie BLAMONT) a eu le courage de recopier in extenso un certain nombre de ces registres de 1808. L'avantage est qu'on y trouve des détails importants comme l'adresse du déclarant, sa profession et le fait qu'il sait signer ou non sa déclaration. Les adhérents trouveront ici successivement les registres de prises de noms des villes concernées.

Le transfert de ces relevés vers la base de données REGIE est en cours.

Relevés transférés dans la base REGIE :

- Nîmes 1808