Les naturalisés Espagnols à Salonique, en 1916

L’action du consul d’Espagne à Salonique

Dans l'anarchie qui, en Macédoine, a suivi la prise de Salonique par les Grecs, le consul d'Espagne de cette ville, revenant en quelque sorte sur l’édit d'expulsion des Juifs de 1492, a enregistré de nombreux Israélites Ottomans comme étant de nationalité espagnole.

Le gouvernement grec à Salonique, lorsqu'il s'est organisé, n'a pas manqué de trouver ces naturalisations assez anormales : environ quatre cents familles juives, naturalisées espagnoles, allaient échapper à la nationalité grecque, avec éventuellement des conséquences fiscales.

Les gouvernements grec et espagnol ont alors décidé de réviser en commun ces naturalisations, et à cette occasion, quatre-vingt familles ont été déchues de la nationalité espagnole qu’elles venaient d’acquérir.

En décembre 1916, à la suite de cette révision, le consul d'Espagne à Salonique envoie à son gouvernement un rapport, quarante six pages manuscrites, donnant la liste des 310 familles naturalisées, avec les noms des différents membres de la famille, prénoms, nom du conjoint et date de naissance.

C’est ce rapport qui, après numérisation, a été mis ci-après sur le site.

Remarques

a)      Le gouvernement grec a certainement agi avec le gouvernement portugais dont le consul à Salonique avait agi comme le consul d’Espagne.

Malheureusement, dans ce deuxième cas, nous n’avons pas de document.

b)     Parmi les familles déchues de la nationalité espagnole se trouve une famille Mallah ; nous avons dans le dossier Mallah Samuel, retrouvé aux Archives diplomatiques, le passeport espagnol délivré en 1915 à Samuel Mallah ainsi qu’une lettre du consul de France à Salonique expliquant sa situation.

Les informations

Les membres de chaque famille sont regroupés, chaque famille portant un numéro compris entre 1 et 310.

On trouve le nom du chef de famille, presque toujours le nom de naissance du conjoint, les prénoms des enfants et assez souvent les noms de leurs conjoints.

Nous avons également les dates naissance de toutes les personnes inscrites sur la liste, sans que nous sachions quelle est la valeur de cette information.

La mention veuf ou veuve est éventuellement indiquée ainsi que des indications sur les familles recomposées.

Une famille peut, dans certain cas, ne comporter qu’une seule personne, par exemple un célibataire sans enfants.

La présentation des informations

Le document comporte 46 pages (photo d’une page ci-contre) ; le document original a été photographié, et photocopié successivement plusieurs fois, ce qui fait que la version que nous avons eue entre les mains n’est pas de très bonne qualité ; le traitement d’image a eu essentiellement pour objectif d’en améliorer la lisibilité.

Dans la colonne de gauche de chaque page apparaissent les numéros des familles ; ces numéros apparaissent sur la partie informatique de la présentation, dans les informations complémentaires, mais ont été supprimées dans les reproductions que nous avons faites, afin de donner plus de surface à la partie utile du document.

Les pages ont été photographiées en général en trois parties ; une partie contient en général plusieurs familles ; dans ce cas, les différentes familles sont séparées par un trait rouge.

Par ailleurs, les traitements de luminosité et de contraste ne sont en général pas constant à l’intérieur ce qui peut donner l’impression trompeuse qu’il s’agit d’un montage artificiel.

Enfin, les membres de certaines familles sont répartis, dans le document d’origine, sur deux pages consécutives.

Nous avons rassemblés ces deux parties par montage en rappelant la séparation du document d’origine par une bande bleue.

 

Accès à la liste des familles (réservé aux adhérents)