Cimetière de Metz-Chambière (57000)

Situation
Cimetière de l’île Chambière, avenue de Blida (au-delà de l’ancienne usine d’incinération), à proximité du cimetière communal.

Stationnement
Devant la grande construction située à l’entrée (où les deux voies se séparent).

Auteur(s): 

Jean-Pierre et Huguette BERNARD

Nombre d'enregistrements: 

4319

Histoire

Il y eut plusieurs cimetières à Metz,  tous situés sur l’île Chambière.

1 - Le plus ancien fut créé peu après l’arrivée des premières familles admises de nouveau à Metz en 1567[1],
2 - Celui de 1619 :  bail de location signé le 7 février 1619 entre Abraham Fabert, écuyer du roi, maître échevin de Metz et Joseph Ha Lévy, rabbin de Metz et Salomon Zé. Pour un loyer de 10 livres par an[2]. En fait il était contigu avec le précédent dont il était un agrandissement.
3 - Celui de 1690, situé à peu de distance du précédent qui était sujet à de fréquentes inondations[3].
4 - Celui de 1792 : La ville étant assiégée, les deux cimetières de l’île Chambière furent transformés en place d’armes.  Mais en même temps la communauté fut autorisée à acquérir un autre terrain à la pointe de l’île[4].
5 - Après l’annexion de 1871, le gouvernement allemand dépossède la communauté de son cimetière pour y établir les nouvelles fortifications de la ville[5].
6 - En 1873 un nouveau terrain est acquis par la communauté, à l’emplacement actuel, à proximité du cimetière communal et de la nécropole militaire. Les tombes des anciens cimetières furent exhumées et les restes transférés lors d’une grande cérémonie au mois de novembre 1903[6].

La surface totale des terrains est de 29.893 m² cadastré section 12 parcelles 26, 28 et 29, dont 17077 m² appartiennent à la communauté de Metz et le reste au Consistoire de la Moselle.
Dans la période 1871-1920 de nombreuses tombes sont en langue allemande. Certaines évoquent des soldats tombés sur le front de l’Est sous l’uniforme allemand.

Etat

Le Consistoire a engagé de grosses dépenses pour nettoyer et rendre praticable l’ensemble du cimetière. De grands arbres ont été coupés et du gravier a été répandu au sol pour éviter la boue.
Néanmoins la situation du cimetière, dans une île au milieu de la rivière Moselle, le rend vulnérable aux inondations. On pourra juger de leur importance en examinant les repères de la hauteur atteinte par l’eau au second portail du cimetière (situé à l’entrée du cimetière militaire).
Le montant droit de ce portail porte la date  1873 gravée à la partie supérieure.
Ce cimetière qui comporte plus de 6.000 tombes est très bien entretenu par le Consistoire de la Moselle.

Il est à noter que le terrain situé à la droite de la route en arrivant de Metz appartient au cimetière. Depuis quelques dizaines d’années des inhumations y sont faites et une grande surface y est encore disponible. Dans le relevé nous l’avons nommé «nouveau carré » et le repère des tombes commence par la lettre N.

RELEVE PAR Jean-Pierre et Huguette BERNARD EN MARS ET JUIN 1999

Dans la seconde partie du cimetière (section 1 à section 6), un certain nombre de tombes sont numérotées ; ce numéro est indiqué dans la dernière colonne (A partir de 1-01-07), il correspond au registre d’inhumation.
Dans les rangées R, S et T des stèles portent, à la partie supérieure et sur la tranche, un numéro. Il est indiqué dans la dernière colonne (en général les numéros ne se suivent pas, ce qui confirme que ces stèles ont été déplacées d’un ancien cimetière et remises en ordre dispersé).
A gauche de l’entrée principale se trouve une grande construction qui a été l’habitation du gardien.  Elle sert également de morgue, de lieu de prière lors des inhumations.  Une pièce est équipée pour la toilette mortuaire.
Devant cette construction 21 stèles des 17ème siècles et 18ème siècles, avec inscriptions en hébreu, ont été ramenées de l’ancien cimetière de Pontiffroy (comme l’indique un panneau placé sur la maison).




[1] Nathan Netter, « Les anciens cimetières israélites de Metz situés près de la Porte Chambière » dans Revue des Etudes Juives, tome LI, page 282.

[2] Abraham Cahen,  dans Revue des Etudes Juives, tome VII page 108.

[3] Nathan Netter, ouvrage cité.

[4] Nathan Netter, ouvrage cité.

[5] Nathan Netter, ouvrage cité.

[6] Nathan Netter, ouvrage cité.