Les Juifs d’Alger de 1830 à 1871

Résumé de la Conférence de Philippe Danan, 21 septembre 2008

Entre la prise d’Alger et l’arrivée de Thiers à la présidence de la république, la France va connaître cinq régimes, trois révolutions, un coup d’état, une guerre extérieure catastrophique et une guerre civile.

Pendant la même période, de 1830 à 1871, les Juifs d’Alger vont radicalement changer; ils étaient, avant l’arrivée de la France, des Orientaux persécutés et misérables; ils deviennent après 1871 citoyens d’un pays occidental moderne.

De 1830 à 1847; le mouvement de la communauté juive vers l’assimilation est inspiré par les trois Grands Rabbins indigènes nommés par l’autorité française, Joseph Aboulker, Judas Amar et Jacob Smadja; ce mouvement est immédiat. Pendant cette période, décisive pour l’évolution de la communauté, le rôle des Juifs de la métropole peut être considéré comme nul.

En 1846, le Gouverneur Général Bugeaud nomme Michel Weill Grand Rabbin d’Alger ; cette nomination va inaugurer une série de crises entre d’une part la communauté juive d’Alger, d’autre part le Consistoire Central et le Grand Rabbin Weill.

En 1863, sous la pression de l’ensemble de la communauté, le Grand Rabbin Weill accusé de malversation, est contraint de démissionner.

Jusqu’en 1870, la communauté va se manifester en faisant des campagnes de pétitions pour obtenir la naturalisation collective, et en obtenant un consensus unanime des parties en présence; seul le Consistoire Central manifestera son opposition au projet.
Crémieux, qui est devenu ministre de la justice, promulgue un décret de naturalisation collective le 24 octobre 1870.
Le décret Crémieux est attaqué en juillet 1871: Thiers dépose à l’assemblée une loi d’abrogation; il fera volte-face en août. Le décret Thiers-Lambrecht, considéré comme le décret d’application du décret Crémieux, donnera définitivement la nationalité française aux Juifs d’Algérie.