Cette réunion était consacrée aux dernières trouvailles généalogiques de nos adhérents, à leurs recherches en cours et aux difficultés rencontrées.
Notre Présidente commence
par rappeler le souvenir des adhérents récemment disparus, en
particulier Monique Biezunski, une de nos plus anciennes adhérentes,
qui aida au démarrage informatique de plusieurs d’entre nous et
qui était intervenue dans notre réunion du 11 septembre 2006 .
Elle préparait un site sur les lois juives de Vichy qu'elle n'a pas eu
le temps d'achever. On apprend en même temps la disparition d’Etienne
Kahn, aussi un de nos premiers adhérents ainsi que celle d'André
Ullmo qui fut longtemps des notres.
Joëlle Allouche-Benayoun donne ensuite
le programme des conférences prévues au cours de l'année
2008-2009.
Bernard Lyon-Caen nous parle de la tombe, située au Père-Lachaise, de son ancêtre Tobias Koën, pédicure de Napoléon 1er. Il s'est heurté à de grandes difficultés administratives pour se faire reconnaître comme ayant-droit de cette tombe. Mais il a eu la surprise d'apprendre par le site de "l'Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise" ( Site ) que cette tombe a été restaurée par les soins du Souvenir Français et de l’ACMN (Association pour la Conservation des Monuments Napoléoniens) qui semblent avoir obtenu une dérogation. Stéphane Toublanc signale à ce propos qu'elle a trouvé un acte notarié où un ayant-droit à la tombe du compositeur Isaac Strauss cédait ses droits à quelqu'un d'autre. Un tel document est précieux vis à vis de l'administration du cimetière.
Stéphane Toublanc nous intrigue avec
ce qu'elle appelle les "crypto-mariages". Il s'agit d'un
couple Goldenberg issu des Balkans, qui est venu à Paris vers 1895 puis
est parti pour Londres en 1898. Elle a trouvé trois documents concernant
ce couple: deux déclarations de naissance d'enfants et une déclaration
de décès d'une fille âgée de 4 jours. Les prénoms
des époux varient d'un acte à l'autre, mais c'est bien le même
couple. Malgré des recherches très approfondies, Stéphane
n'a pas pu retrouver ni l'acte de naissance de la fille, ni le mariage des parents
que ce soit dans une des mairies de Paris ou dans les registres du Consistoire.
Son interprétation est la suivante :
Ces immigrés récemment arrivés continuaient à vivre
dans leur petit milieu d'immigrés très religieux, avec des rabbins
non reconnus par le Consistoire, qui célébraient des mariages
religieux sans se préoccuper le moins du monde de la loi française
qui interdit le mariage religieux avant le mariage civil sous peine de peines
sévères pour le rabbin (travaux forcés à la seconde
récidive !!). Ce couple possédait donc une kétouba
qui n'a aucune valeur aux yeux de l'Etat français, mais qui a été
acceptée et avalisée à leur arrivée en Angleterre,
pays où le mariage religieux tient lieu de mariage civil.
Quant à la fillette morte à l'âge de 4 jours, elle n'avait
pas encore été déclarée car on ne donne de prénom
aux enfants qu'au bout de 8 jours. Par contre, sa déclaration de décès
était indispensable pour pouvoir l'enterrer.
Stéphane ajoute que ce genre d'oratoire non-officiel devait être
assez répandu. Elle a d'ailleurs rencontré une famille Blasberg
dont les membres se déclaraient comme rabbin, mohel (circonciseur), chantre
alors qu'aucun d'entre eux ne figurait dans les registres du Consistoire.
Marc Grumbach nous entretient de la famille Grumbach originaire de Bollwiller (68), dont la généalogie est très difficile car en 1784 il y avait là 9 familles Grumbach. Il a visité le cimetière de Jungholtz (68) et nous projette un grand nombre de photos de ce cimetière très ancien (créé vers 1650 dans les fossés d'un château aujourd'hui détruit). On y trouve des tombes anciennes souvent difficiles à lire mais aussi des tombes récentes (2006). Il a photographié la plupart de celles des Grumbach connus ou inconnus.
Guy Worms traite de plusieurs sujets:
Comme exemple de déclaration tardive, il cite une naissance à
Brumath le 5 Janvier 1812, qui n'a été déclarée
que le 25 Août suivant.
Concernant la rubrique Questions-Réponses de notre site, il trouve difficile
de suivre les réponses successives à une question, surtout s'il
est passé quelques jours ou semaines entre la question et la réponse.
Il souhaiterait non seulement que les "répondeurs" à
une question soient systématiquement informés des autres réponses
à la même question, mais encore qu'un adhérent quelconque
puisse signaler son intérêt pour une question en cliquant sur un
bouton et être informé de tout ce qui se dira à ce sujet.
Le Webmestre promet d'étudier cette proposition très sérieusement.
Au minimum, Guy souhaiterait que les questions "rafraichies" par une
réponse soient mises au début de la liste.
Il demande aussi si on ne pourrait pas mettre sur le site, par exemple dans
le Coin des Adhérents, les fichiers informatiques des Tables de Metz
de Pierre-André Meyer et des travaux de Pierre Katz sur 1808 et 1851
en Alsace et en Lorraine. Il est très surpris d'apprendre que ces fichiers
informatiques n'existent pas, car ces travaux ont été faits il
y a assez longtemps sans utilisation de l'ordinateur. Il faudrait un adhérent
ou un groupe d'adhérents qui aient le courage de numériser ces
documents !
Son troisième sujet concerne les Errata de l'ouvrage de Fraenckel sur l'Alsace. Il a découvert par hasard notre fichier sur ce sujet . Guy explique pourquoi ces erreurs subsistent dans le Fraenckel et souhaite qu'on publie régulièrement les nouveaux errata envoyés par nos adhérents. Bernard Lyon-Caen rappelle qu’il semble exister aussi quelques mariages « juifs » non signalés par Fraenkel : il en a trouvé au hasard des dépouillements systématiques d’archives notariales publiés par les cercles généalogiques alsaciens.
José Klingbeil. présente son Tableau des Relations Familiales, une idée qu'il a mise au point pour les réunions de cousins. Son exposé rejoint les explications qu'on trouve sur le site et dans la Revue du CGJ n°95.
Pour finir, nous avons le plaisir d'accueillir deux invités guadeloupéens. Le Dr Emmanuel Gordien nous expose la difficulté pour les descendants d'esclaves de Guadeloupe et de Martinique de retrouver leurs origines. Pendant des générations, jusqu'à l'abolition de l'esclavage en 1848, les esclaves n'ont été désignés que par un prénom et un numéro. En 1848, des noms de famille absolument arbitraires leur ont été attribués. Nous soulignons une certaine parenté avec le cas des juifs qui n'avaient pas tous des noms avant 1808 en France ou 1780 dans l'empire autrichien. Le Dr Gordien pense que la recherche des origines, aussi difficile soit-elle pour les esclaves, apportera une identité aux peuples de nos anciennes colonies. Il aura peut-être besoin de nos conseils pour construire le site de leur association