Protection consulaire & recherche généalogique dans les archives concernant Eretz Israël au XIXe siècle,
par M. Yves FEDIDA (6 novembre 2006)

M. Fedida commence par présenter une énigme : trois de ses grands-parents sont nés en Palestine et ils avaient la nationalité française ou britannique alors que leurs propres grands-parents étaient nés au Maroc ou en Turquie. L’explication est à rechercher dans le régime des « capitulations ». Les puissances européennes, depuis le XVIe siècle, étendaient leur protection consulaire sur un certain nombre d’habitants de l’Empire Ottoman, au départ surtout les chrétiens, puis au XIXe siècle, également les juifs.

Pour la France, à partir de la conquête de l’Algérie, tout juif d’origine algérienne était protégé français, à condition de manifester la volonté de retourner un jour en Algérie. Mais en fait, il suffisait aux juifs marocains de se déclarer algériens, quitte à tricher sur leur lieu de naissance, pour obtenir ce statut, qui se transforme en citoyenneté française à partir du sénatus-consulte de 1865 et surtout du décret Crémieux de 1871.

Le conférencier a fouillé de nombreux dossiers de toutes sortes aux archives de Nantes et a pu reconstituer la vie et les déplacements de ses ancêtres Moshe Malca (né à Meknès), Aron Moyal (né à Salé), Yaacov Bin Nun (né à Yenishehir, Turquie) et Maimon Fedida (né à Marakkech). Ce dernier a été rejeté par le Consul de France mais a pu se faire accepter par le Consul de Grande-Bretagne.

La plupart de ces juifs protégés français, anglais ou russes furent expulsés par les Turcs au début de la Grande Guerre et atterrirent à Alexandrie.

Ces histoires pleines de péripéties et de détails amusants feront probablement bientôt l’objet d’un article dans notre Revue.