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mis à jour le : 3/5/2010
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Le XXXIIe Colloque de la Société d’Histoire des Israélites d’Alsace et de Lorraine


Il s’est tenu à Strasbourg les 6 et 7 mars 2010, avec Jean DALTROFF comme coordinateur. Quelques membres de notre cercle y ont participé.

Freddy RAPHAËL, président de la société, modérateur, commence par regretter l’absence de Günther Boll, qui ne peut plus se déplacer, et de Pascal Faustini, en mauvaise santé. Georges  WEILL, parle d’ « espaces réels et espaces imaginaires chez les Juifs d’Alsace », leurs réactions de survie, leurs caractéristiques, leurs voyages à travers le temps et l’espace, jusqu’au départ forcé des juifs allemands en 1919.  

Claire DECOMPS, organisatrice de la superbe exposition sur les Juifs de Lorraine tenue à Nancy l’été dernier, expose quel fut son projet, évoque certaines personnalités, et montre « quelques pièces significatives » découvertes à cette occasion.  

Eliane  ROOS SCHUHL se demande « Les Judengassen(rues des Juifs) en Alsace étaient-elles des ghettos ? » et démontre, par l’exemple de l’implantation des premières familles juives, dans quatre Judenhoffen (cours des Juifs) distincts, à Westhouse au début de la période française, qu’il n’en fut rien. 

Pascale CAMUS WALTER étudie « La destruction de la communauté juive de Strasbourg 1349. Peste noire ou peste brune ? » avec plans, images, récits effrayants et continuité des tentatives de négation et d’effacement jusqu’à nos jours…  

Jean-Camille BLOCH rend compte de l’« histoire et [de] personnalités des Juifs de Durmenach  ainsi que [de] la journée de commémoration du 8 novembre 2009 » (qui fut aussi une rencontre familiale élargie), avec l’exposé de Sabine  DREXLER-LACOTTE, première adjointe de la ville : « Le bilan des activités pédagogiques de Durmenach ». Ils mettent en lumière le rôle actuel de la commune pour faire connaître les persécutions dont furent victimes juifs et tziganes de la région pendant l’Occupation allemande : un exemple à suivre
(cf. : http://judaisme.sdv.fr/synagog/hautrhin/a-f/durmenac/souvenir.htm). les personnages liés à Durmenach furent cités les Hauser, Aron Meyer, maire au moment du pogrome de 1848, Jules Adler, «  peintre des humbles », les frères Boneff, journalistes, Georges Huisman, créateur du Festival de Cannes, François Jacob, prix Nobel de médecine, Gilles Bernheim, grand rabbin de France actuel etc.

Jean  DALTROFF traite de « la vie économiquedes Juifs de Strasbourg sous le Premier Empire », leurs métiers divers, depuis le marchand épicier, les « hommes de lettres », un marchand de ferraille du nom de Schillio, ancêtre des facteurs de piano, des militaires, jusqu’à la famille Ratisbonne, grands négociants.

Simon SCHWARZFUCHS traduit « Un texte yiddisch, le Sendschreiben des grands rabbins Jacob Meyer et Naphtali Hirsch Katzenellenbogen, circulaire adressée aux communautés juives d’Alsace » en 1822, qui fustige la mauvaise conduite de certaines de leurs ouailles (rixes, ébriété, désordres dans les synagogues…).

Exotisme : Akiko KAWASAKI, venue se former à Strasbourg, détient une chaire de maître de conférences à Tokyo où – surprise – l’on s’intéresse à « La société juive d’Alsace après l’émancipation : le modèle du Bas-Rhin (1791-1870) » !

Avraham MALTHETHE présente « de précieux témoins de la vie juive : les Mohelbücher », registres de circoncisions, souvent découverts à l’intérieur de livres en hébreu, l’un, hollandais, un autre de Nancy et Toul retrouvé à la bibliothèque du Havre, un autre, dû aux Blum, père et fils de Bischheim, et un autre, parisien. L’intervenant a, avec patience, identifié non seulement les bébés mais aussi quelques-uns des adultes circoncis.

Jean-Pierre LAMBERT, après une description de stèles et une évocation de certaines familles, telle celle des Adler Oppenheimer, Allemands qui ont tenu à se faire enterrer à Strasbourg, s’inquiète pour le piteux état des « tombes du cimetière israélite de Koenigshoffen : un patrimoine à défendre et à préserver » et propose des remèdes … coûteux.
Pour terminer, avant la conclusion de Freddy RAPHAËL, qui déplore l’abandon progressif du patrimoine synagogal, Pierre SCHILLI retrace avec émotion « L’itinéraire d’Henri Schilli (1906-1975) », dit « le rabbin de tous », et notamment son action d’aide dans les camps du sud de la France pendant la Guerre et ses bonnes relations avec curés et pasteurs pour organiser des passages vers la Suisse.
                                                      Eliane Roos