Les recherches généalogiques concernant les Juifs déportés de France (c’est-à-dire non seulement les Juifs français, mais tous les Juifs étrangers qui, ayant choisi la France comme « terre d’asile », ont été arrêtés en France et déportés de France) se heurtent bien souvent à un manque d’informations, de très nombreuses familles ayant complètement disparu dans les camps nazis. Il existe heureusement plusieurs sources de renseignements qui, destinées à perpétuer leur mémoire et à leur redonner une identité, permettent en même temps aux généalogistes de retrouver leurs liens familiaux.
La loi du 15 mai 1985
Site du Journal Officiel
Site de Daniel Carouge
Site de Patrick Cheylan
Le Mémorial de la Shoah (ex-CDJC)
Les livres : Le Livre-Mémorial des
déportés de France (FMD)
Le Mémorial de la déportation des Juifs de France
(Serge Klarsfeld)
Yad Vashem : les Feuillles de Témoignage
À partir de 1945, lorsqu’il est apparu évident que nombre de déportés avaient «disparu», les familles ont été amenées à faire établir des certificats de disparition, qui ont été suivis, ensuite, de jugements déclaratifs de décès tenant lieu d’actes de décès, ne serait-ce que pour pouvoir justifier de la disparition des chefs de famille et percevoir les indemnités indispensables à leur survie.
Arbitrairement et dans l’urgence, il fut décidé que le lieu de décès serait celui du camp d’internement où les futurs déportés avaient été détenus (Drancy, Pithiviers…) et la date indiquée fut celle du départ du convoi. De nombreux jugements déclaratifs de décès furent rédigés de cette manière. C’était, à l’évidence, une distorsion de l’Histoire, et les termes « mort à Drancy » ou « mort à Pithiviers », que l’on trouve toujours aujourd’hui sur certains actes de décès, ne représentaient absolument pas la vérité, puisque la plupart des déportés sont morts dans des camps nazis situés en pays étrangers, notamment en Pologne (Auschwitz).
Certains se sont émus de cette situation, et une loi fut promulguée le 15 mai 1985 (quarante ans après la guerre…) destinée à rectifier ce non-sens.
L’article premier de cette loi stipule : « La mention ‘Mort en déportation’ est portée sur l’acte de décès de toute personne de nationalité française, ou résidant en France ou sur un territoire antérieurement placé sous la souveraineté, le protectorat ou la tutelle de la France, qui, ayant fait l’objet d’un transfert dans une prison ou un camp visé par l’article L. 272 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, y est décédée. La même mention est portée sur l’acte de décès si la personne a succombé à l’occasion du transfert. »
L’article 3 précise : « Lorsqu’il est établi qu’une personne a fait partie d’un convoi de déportation sans qu’aucune nouvelle ait été reçue d’elle postérieurement à la date du départ de ce convoi, son décès est présumé survenu le cinquième jour suivant cette date, au lieu de destination du convoi. »
Enfin, l’article 4 indique les modalités de ces rectifications : « Les actes de décès des personnes mentionnées à l’article 1er, même s’ils résultent d’un jugement déclaratif de décès, sont rectifiés dans les conditions prévues aux articles 5 et 6 sur décision du ministre chargé des anciens combattants lorsqu’ils indiquent un lieu ou une date de décès autres que ceux qui découlent des dispositions de l’article 3. »
Il convient de préciser que cette loi concerne la totalité des déportés, quelle que soit la raison de leur déportation (déportation raciale, déportation des Résistants, des otages, etc.).
À ce jour (mars 2010), soit vingt-cinq ans après la promulgation de cette loi, (!) ces modifications des actes de décès ne sont pas terminées, ce qui est déjà discutable. Mais il y a plus grave.
En effet, si l’on reprend les chiffres indiqués sur le site web de la « Fondation pour la Mémoire de la Déportation » (à ne pas confondre avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah), on recense :
Les arrêtés publiés à ce jour au Journal Officiel, depuis vingt-cinq ans, dans le cadre de la loi n° 85-528 du 15 mai 1985, et qui donnent la liste nominative des personnes concernées, avec leur date et lieu de naissance (en plus de la date et du lieu de décès) concernaient environ 48 000 personnes au 8 août 2003, chiffres communiqués par le Ministère de la Défense (6 arrêtés seulement ont été publiés depuis lors, ce qui ne modifie pas beaucoup l’ensemble de la question). On peut consulter ces arrêtés sur le site web du Journal Officiel, et sur deux autres sites qui en ont fait une compilation (incomplète à ce jour), comme indiqué plus loin.
Ces chiffres sont inquiétants. En effet, cette loi ne s’applique qu’aux seuls déportés qui ont fait l’objet d’un jugement déclaratif de décès. Si bien que lorsque la famille n’a pas fait les démarches nécessaires à l’obtention de cet acte d’état civil, pour une raison ou pour une autre, et notamment lorsqu’elle a été totalement exterminée, il n’y a pas eu d’acte de décès, et ces déportés sont alors exclus de cette loi.
Par ailleurs, la rédaction de ces arrêtés est faite en dépit du bon sens. Ainsi, les déportés juifs du convoi n° 73, partis de Drancy le 15 mai 1944, ont été dirigés vers les pays Baltes. Une partie du convoi est restée à Kaunas (Lituanie), l’autre partie est allée à Reval (aujourd’hui Tallinn, Estonie), et nul ne sait aujourd’hui lesquels sont morts en Lituanie, lesquels sont morts en Estonie (à quelques exceptions près). Sans se préoccuper aucunement de l’orthographe française de ces pays, les arrêtés concernant ces déportés indiquent tantôt : mort à Kaunas (Lithuanie), mort à Reval, voire Revel (Esthonie), mort à Kaunas/Reval (Esthonie/Lithuanie), etc. Parfois, les dates sont erronées. Parfois, le nom d’un déporté figure dans un convoi qui ne le concerne pas. Parfois encore, la famille a fait le nécessaire, mais la rectification n’a pas été publiée au Journal Officiel. D’ailleurs, on trouve quelques arrêtés consacrés à la rectification d’erreurs dans ces actes rectifiés…
Cette loi précise en outre, dans son article 5, que ces rectifications doivent être portées sur les actes de décès. Cela concerne surtout les personnes nées en France, car il est très simple de s’adresser aux mairies concernées. Or, dans de très nombreux cas, la mention n’a jamais été portée. Par conséquent, aux yeux de la loi française, les déportés disparus sans acte de décès NE SONT PAS MORTS, et encore moins en déportation.
Les familles qui souhaitent que soit établi un acte de décès pour une personne morte en déportation (famille ou ami) doivent s'adresser à :
Ministère de la Défense
Direction des Statuts et Pensions
Bureau des Titres et Statuts
Rue Neuve Bourg-l'Abbé
B.P. 552
14037 CAEN CEDEX
et s'armer de patience car il faut compter au moins un mois avant de recevoir une réponse, et beaucoup plus longtemps pour que l'acte de décès soit établi en conformité avec les dispositions de la loi de 1985, et transcrit (après le délai reglementaire d'un an) à la mairie du lieu de naissance (si celle-ci a eu lieu en France) et à celle du dernier domicile connu (pour tous les déportés).
On trouve d’ailleurs très peu d’enfants parmi ces actes de décès rectifiés, alors que nous savons que les 11 000 enfants juifs déportés ont tous disparu
Ceci est valable pour les déportés juifs, mais également pour les victimes de la déportation dite "de répression " que l'on ne peut pas ignorer. Par ailleurs, certains Juifs ont été arrêtés et déportés non pas en tant que Juifs, mais pour faits de résistance, comme otages, etc.
Sur cette question, voir absolument le blog Mort en déportation
Les actes de décès rectifiés en application de la loi du 15 mai 1985 sont publiés au Journal Officiel sous forme de listes nominatives. En cliquant sur ce lien on obtient la liste de tous les arrêtés publiés depuis 1986.
Il faut préciser cependant que les erreurs dans ces listes sont légion !!! Tout d’abord, de très nombreux actes de décès n’ont pas été rectifiés, comme la loi en fait pourtant obligation, et l’on trouve souvent, par exemple, la mention : « décédé à Auschwitz (Allemagne) ».
On trouve des erreurs de dates (exemple : un déporté est dit « décédé en 1913 ») et de lieu (certains déportés seraient décédés à une date et un lieu correspondant à un certain convoi, alors qu’en fait ils ont été déportés en un autre lieu, à une autre date, par un autre convoi, comme on peut le vérifier dans le « Mémorial » de S. Klarsfeld). Quelques « déportés », après l’arrêté diffusé par le ministère de la Défense, sont devenus des « déportées » parce que leur prénom, étranger, a mal été interprété.
Enfin, il faut savoir que ces actes de décès et leurs rectifications sont très rarement retransmis aux mairies concernées (mairie de naissance et mairie du dernier lieu de résidence), si bien que les mentions ne sont pas reproduites en marge des actes d’état civil, comme la loi en fait pourtant obligation.
Par conséquent, ceci est très important pour les généalogistes : si rien ne vient modifier la loi actuelle et surtout son champ d’application, il manquera toujours environ 60 000 actes de décès de déportés disparus dans les camps nazis (toutes déportations confondues).
Il faudrait une levée de boucliers pour essayer de faire bouger l’administration concernée, afin que cette loi de 1985 soit enfin appliquée correctement, si possible avant que la génération des descendants directs de nos déportés ne soit complètement éteinte.
À partir du travail commencé par Daniel Carouge, Patrick Cheylan
a réalisé une base de données reprenant tous les arrêtés ministériels
avec possibilité de recherches par plusieurs entrées :
http://www.mortsdanslescamps.com/index.html
A ce jour (mars 2010), le site de Patrick Cheyla concerne l'acte de décès de 56 810 déportés de France (toutes déportations confondues)
Une base de données intéressante concernant les déportés juifs de France,
a été mise en service le 27 janvier 2005 par le Mémorial de la Shoah, nouveau
nom du CDJC : à partir du site http://www.memorialdelashoah.org ou directement Cliquez ici
Cette base de données reprend essentiellement les informations rassemblées par Beate et Serge Klarsfeld dans le "Mémorial de la Déportation des Juifs de France" (Paris 1978). Il est important de noter que dans son état actuel la base accessible sur Internet comporte un grand nombre d’erreurs, dont beaucoup ont été corrigées dans la base du « centre de documentation » du Mémorial (accessible uniquement sur place). Malheureusement, beaucoup de ces erreurs subsistent dans la base de données « en ligne » et sur le Mur lui même : erreurs d’orthographe, erreurs de dates, et surtout absence du nom de certains déportés (parfois arrêtés sous un nom d’emprunt), et présence du nom de personnes qui n’ont pas été déportées pour des raisons diverses.
Le Mémorial de la déportation des Juifs de France (édité et publié par Beate et Serge Klarsfeld, Paris 1978)
Tout le monde connaît cet ouvrage dans lequel Serge Klarsfeld a rassemblé la copie des listes originales établies par l’administration de Drancy avant le départ de chaque convoi, mentionnant pour chaque convoi les nom et prénom des déportés, ainsi que leur date et lieu de naissance. Dans le bulletin de juin 2005 de l’association des FFDJF, dont il est président, Serge Klarsfeld écrit ceci :
« Le temps m’a manqué pour achever enfin cette nouvelle édition du Mémorial de la Déportation, si importante puisqu’elle corrigera de nombreuses fautes de l’édition de 1978, puisqu’elle comblera de nombreuses lacunes et puisqu’elle indiquera les adresses de presque toutes les victimes de la Shoah en France. Nous ne laisserons pas de côté non plus les morts dans les camps en France et les exécutés ou abattus sommairement. Je me consacrerai à l’achèvement de cette nouvelle édition pendant le 2e semestre 2005. » Selon des informations antérieures, cette nouvelle édition devrait également indiquer le nom de jeune fille des épouses.
Attendue depuis longtemps, la nouvelle édition du "Mémorial de la Déportation des Juifs de France" commence à paraître.
Les 4 premiers tomes sont disponibles et figurent dans le catalogue du
CGJ (cotes L 268, L 269, L 289, L 325). Pour en voir les couvertures, cliquez ici
et aussi Cliquez
ici et puis ensuite ici
Dans cette nouvelle édition du "Mémorial", Serge Klarsfeld indique pour
chaque déporté : numéro du convoi, nom, prénom, nom de jeune fille pour
les épouses, âge, date de naissance, lieu de naissance, adresse (rue et
numéro), adresse (ville), camp d'internement.
Ces listes sont précédées d'un long
texte explicatif concernant la rafle du Vel d'Hiv, car les parents ont
été séparés de leurs
enfants, les membres d'une même famille ont
été dispersés et
déportés par des convois différents,
et souvent même sous un nom avec plusieurs orthographes
différentes. S. Klarsfeld a essayé de rassembler
ces familles dans la liste.
Volume 1 : "Familles du Vél
d'Hiv", soit les
convois N° 4, 5, 6, 13 à 16, 21 à 25.
Volume 2 : listes des convois 1, 2, 3, 7 à 12, soit les
rafles de la Zone occupée de l'été
1942.
Volume 3 : listes des convois 17, 18, 19, 26 à 33, soit les
rafles de la Zone Libre de l'été 1942.
Volume 4 : listes des convois 34 to 45, soit les rafles de la Zone
Occupée de l'automne 1942.
Volume 5 : les 17 convois de 1943
Volume 6 : les 15 convois de 1944
Volume 7 : les morts dans les camps en France et ceux qui ont
été exécutés ou abattus
sommairement ; liste des survivants (entre 2 500 et 3 000).
Volume 8 : index alphabétique général
des tomes 1 à 7 (80 000 noms)
On peut se procurer ce livre chez S. Klarsfeld et au
Mémorial de la Shoah.
Le Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution 1940-1945 édité par la FMD (Fondation pour la Mémoire de la Déportation)
La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (F.M.D.) http://www.fmd.asso.fr/ (à ne pas confondre avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah http://www.fondationshoah.org/), a publié en 2004 Le livre-mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution - 1940-1945.
Cet ouvrage, très attendu dans les milieux de la déportation, est totalement
indépendant du Mémorial de la Déportation des Juifs de France, de Serge
Klarsfeld, avec lequel il ne doit pas être confondu, mais il le complète
utilement. Il est constitué de quatre volumes de la taille d’un petit
dictionnaire, de près de 1 500 pages (environ 2 kg) chacun. Un index alphabétique
permet de retrouver facilement le nom d’un déporté et le numéro de
son transport, puis de retrouver les informations concernant chaque transport
avec indication du parcours concentrationnaire chaque fois que ce dernier
a pu être retrouvé.
Cet ouvrage ne comporte donc pas
les listes de la
déportation juive rassemblées dans le
Mémorial de Serge Klarsfeld.
Chaque page se présente sous la forme
d’un tableau indiquant pour chaque
déporté (dans l’ordre des colonnes) :
le n° de matricule au camp (lorsqu’il est connu), les
nom, prénom, sexe, date de naissance, lieu de naissance,
nationalité, parcours complet, situation
(décédé, rentré, situation
non connue), date de libération ou de
décès, lieu de libération ou de
décès, observations diverses
.
Ces livres contiennent surtout, bien évidemment, les noms de
résistants ou d’otages non juifs
déportés dans tous les camps
créés par les nazis. Cependant, il y a parmi eux
beaucoup de Juifs qui furent arrêtés comme
résistants, sans que les Allemands ne sachent
qu’ils étaient juifs. On y trouve aussi les
« Malgré-nous ».
Yad Vashem, est une institution créée par l'Etat d'Israël en 1953. Depuis 1955, elle a recueilli des Feuilles de Témoignage en Israël et dans le monde entier pour sauver de l'oubli le souvenir des Juifs qui n'ont pas survécu.
Les Feuilles de Témoignages (qui sont des sépultures symboliques) ont pour but de servir de commémoration éternelle pour les victimes de la Shoah. Les détails fournis procurent une identité à la victime, dont autrement le souvenir aurait été totalement effacé pour les générations à venir. Il s'agit d'une ultime tentative pour restituer aux victimes leur identité et leur dignité, que les nazis et leurs complices ont fait tant d'efforts pour anéantir.
Ces Feuilles de Témoignage qui sont envoyées à Yad Vashem par les parents ou amis des disparus, contiennent des détails biographiques sur la victime. Des organisations et communautés juives, les synagogues et les volontaires ont participé aux campagnes pour recueillir des noms. Trente mille nouvelles Feuilles de Témoignage, environ, sont recueillies chaque année. Trois millions de noms environ ont été rassemblés depuis 1955.
L’ensemble de ces Feuilles de Témoignages est consultable en ligne, sur le site de Yad Vashem, et l’on dispose de plusieurs entrées pour faire une recherche: nom, prénom, date et lieu de naissance, lieu de résidence pendant la guerre. On peut entrer sur le site de Yad Vashem http://names.yadvashem.org/ ou directement sur la page de recherches.
Les informations données dans ces Feuilles de Témoignages sont très intéressantes, et bien souvent aussi celles qui concernent le signataire de la feuille, avec son adresse la plupart du temps.
Yad
Vashem :
P.O.B. 3477, Jérusalem, Israël 91034
Tél. : (0 )2 675 16 11
Fax : (0) 2 643 35 11
Site web : http://www.yadvashem.org/
Courriel : info@yad-vashem.org.il
Comité
Français pour Yad Vashem
33 rue Navier
75017 Paris
Tél/Fax : 01 47 20 99 57
Site web : http://www.yadvashem-France.org/
Courriel : general.information@yadvashem.org.il
Mémorial
de la Shoah
(nouveau nom du CDJC)
17, rue Geoffroy-l'Asnier
75004 Paris
Tél : 01 42 77 44 72 (standard et serveur vocal)
Fax : 01 53 01 17 44
Site web: http://www.memorialdelashoah.org/
Courriel : contact@memorialdelashoah.org
Fondation pour la
mémoire de la Shoah
52, boulevard Malesherbes
75008 PARIS
Tél. 01 53 42 63 10
Fax. 01 53 42 63 11
Site web : http://www.fondationshoah.org
Fondation pour la
mémoire de la déportation
Hôtel National des Invalides
71, rue Saint-Dominique
75007 PARIS
Tél. 01 47 05 31 88
Fax. 01 44 42 35 62
Site web : http://www.fmd.asso.fr
Courriel : contactfmd@fmd.asso.fr
Convoi 73 du 15 mai 1944
Site web : http://www.convoi73.org
Courriel : webmestre@convoi73.org
Notre adhérente Françoise JOB vient de faire
paraître une nouvelle édition de son ouvrage "La
déportation des Juifs de Lorraine, Le Camp d'Internement
d'Ecrouves", Cet ouvrage est publié par l'Association des
Fils et filles de Déportés Juifs de France et est
préfacé par Serge Klarsfeld. Ecrouves, dans la
banlieue de Toul, a été le Drancy lorrain, avec
plus de 4 000 internés en trois ans.Details
sur Ecrouves
La couverture de cet ouvrage comporte une photo où figurent 25 internés d'Ecrouves. Seules deux personnes ont été pour l'instant identifiées sur cette photo. L'auteur lance un appel pour identifier les autres internés. Voir la photo.
On nous signale deux nouveaux sites intéressants. Le premier
concerne les Morts pour la France pendant la guerre 1914-18, la guerre
d'Algérie ainsi que les fusillés du
Mont-Valérien. Il est officiel et dépend du
Ministère de la Défense, cliquez
ici. L'autre est privé, et vise à
constituer une base de données "recensant" les personnes
"Mortes pour la France", qu'elles fassent partie de corps
constitués ou de groupes de résistance, mais
aussi les victimes civiles (déportés,
tuées par fait de guerre...), lors des principaux conflits
dans lesquelles la France a été
impliquée (guerres de 1870, 14-18, 39-45,
d'Algérie, d'Indochine...). En ce qui concerne 1939-1945, il
faut préciser qu'il s'agit d'un embryon de base de
données très fragmentaire et par
conséquent inexploitable. cliquez
ici
Il nous a été demandé plusieurs fois des informations concernant le camp de Natzwiller-Struthof, unique camp d'extermination implanté sur le territoire français, à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg.
Le CRDP de Reims présente un dossier sur ce camp très bien réalisé :
http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/Natzweiler_Struthof/01site.htm
D'autre part, le site de généalogie juive internationale Jewishgen vient de mettre en ligne sur son site
http://www.jewishgen.org/yizkor/Natzweiler/nat001.html
un document (en anglais)
établi à partir de l'ouvrage "Die Namen der
Nummern" (Le nom des numéros), écrit par un
journaliste allemand, Hans-Joachim Lang, qui a passé
plusieurs années à identifier 86 victimes
d'expérimentation qui furent retrouvées dans ce
camp (où sont morts des milliers de
déportés) à la fin de la guerre,
à partir du numéro d'immatriculation
tatoué sur leur bras, et il a écrit leur histoire
personnelle. La liste des 86 victimes figure sur ce site. Il s'agit
surtout de victimes d'origine grecque, mais d'autres pays
également, dont un Français. Le site de Jewishgen
donne un lien vers le site du livre "Die Namen der Nummern"
où l'on peut consulter la biographie des 86 victimes (en
allemand) : http://www.Die-Namen-der-Nummern.de/
Le texte publié par JewishGen comporte un certain nombre
d'erreurs (qui seront certainement corrigées rapidement) que
nous rectifions ici. Lorsque les restes de ces victimes furent
découverts, ils furent inhumés le 23 octobre 1945
au cimetière municipal de Strasbourg Robertsau. En septembre
1951 ils furent transférés au
cimetière juif de Strasbourg-Cronenbourg). Fin 2005, en
présence de 25 des familles de ces victimes, ont eu lieu
l'inauguration officielle d'une stèle au
cimetière I de Cronenbourg, et l'apposition d'une plaque
à l'entrée de l'Institut d'anatomie de
Strasbourg, comportant le nom de ces "86". En septembre 1955 avait
été inaugurée une première
stèle : elle évoquait le terrible destin de ces
"cobayes humains", triés dans les camps, gazés au
Struthof, mais n'en donnait pas les noms, alors inconnus. Ce sont les
travaux de l'historien allemand Hans-Joachim Lang qui ont
redonné une identité aux "86".
Par ailleurs, c'est par erreur que le nom du grand rabbin Abraham
Deutsch est mentionné dans cet article : né le 16
février 1902, il est décédé
le 25 juillet 1992 à Jérusalem où il
habitait depuis 1969.
Notre adhérent Ernest
Kallmann a reçu et exploité des documents
inédits concernant la préparation du
convoi de
représailles n° 50 parti le 4 mars 1943
de Drancy
pour Maidanek. Leur contenu,
dépouillé avec
l’aide de bénévoles de notre Cercle, a
conduit à une étude qui apporte des informations
supplémentaires à ceux qui
s’intéressent aux tribulations des juifs
étrangers en France pendant la guerre.
Il apparaît ainsi que le sort de 73 personnes qui
étaient en vie à l’époque
sur les quelque 920 trouvées reste inconnu.
Le résultat de cette
étude est accessible sur le site « Un exil
ordinaire » dédié aux camps
français d’internement de 1939 à 1945
à l'adresse Cliquez
ici