Les recherches généalogiques concernant les Juifs déportés et victimes de la Shoah se heurtent bien souvent à un manque d’informations, de très nombreuses familles ayant complètement disparu dans les camps nazis. Il existe heureusement plusieurs sources de renseignements qui, destinées à perpétuer leur mémoire et à leur redonner une identité, permettent en même temps aux généalogistes de retrouver leurs liens familiaux.
Les Juifs déportés de France sont non seulement les Juifs français, mais tous les Juifs étrangers qui, ayant choisi la France comme « terre d’asile », ont été arrêtés en France et déportés de France.
À partir de 1945, lorsqu’il est apparu
évident que nombre de déportés avaient
«disparu», lire la suite
Les actes de décès rectifiés en application de la loi de 1985 sont publiés au Journal Officiel sous forme de listes nominatives. Sur le site LégiFrance on obtient la liste de tous les arrêtés publiés depuis 1986.
Il faut préciser cependant que les erreurs dans ces listes sont légion !!! Tout d’abord, de très nombreux actes de décès n’ont pas été rectifiés, comme la loi en fait pourtant obligation, et l’on trouve souvent, par exemple, la mention : « décédé à Auschwitz (Allemagne) ».
On trouve des erreurs de dates (exemple : un déporté est dit « décédé en 1913 ») et de lieu (certains déportés seraient décédés à une date et un lieu correspondant à un certain convoi, alors qu’en fait ils ont été déportés en un autre lieu, à une autre date, par un autre convoi, comme on peut le vérifier dans le « Mémorial » de S. Klarsfeld). Quelques « déportés », après l’arrêté diffusé par le ministère de la Défense, sont devenus des « déportées » parce que leur prénom, étranger, a mal été interprété.
Enfin, il faut savoir que ces actes de décès et leurs rectifications sont très rarement retransmis aux mairies concernées (mairie de naissance et mairie du dernier lieu de résidence), si bien que les mentions ne sont pas reproduites en marge des actes d’état civil, comme la loi en fait pourtant obligation.
Par conséquent, ceci est très important pour les généalogistes : si rien ne vient modifier la loi actuelle et surtout son champ d’application, il manquera toujours environ 60 000 actes de décès de déportés disparus dans les camps nazis (toutes déportations confondues).
Il faudrait une levée de boucliers
pour essayer de faire bouger l’administration concernée, afin que la
loi de 1985 soit enfin appliquée correctement, si possible avant que la
génération des descendants directs de nos déportés ne soit
complètement éteinte.
À partir du travail commencé par Daniel Carouge, Patrick Cheylan a réalisé une base de données reprenant tous les arrêtés ministériels avec possibilité de recherches par plusieurs entrées. "Morts dans les Camps" concerne les actes de décès de 60.308 déportés de France (toutes déportations confondues)
Mémorial de la Shoah reprend essentiellement les informations rassemblées par Beate et Serge Klarsfeld dans le livre "Mémorial de la Déportation des Juifs de France" (Paris 1978). Il est important de noter que dans son état actuel la base accessible sur Internet comporte un grand nombre d’erreurs, dont beaucoup ont été corrigées dans la base du « centre de documentation » du Mémorial (accessible uniquement sur place). Malheureusement, beaucoup de ces erreurs subsistent dans la base de données « en ligne » et sur le Mur lui même : erreurs d’orthographe, erreurs de dates, et surtout absence du nom de certains déportés (parfois arrêtés sous un nom d’emprunt), et présence du nom de personnes qui n’ont pas été déportées pour des raisons diverses.
Argelès, Lyon, Saint Cyprien, Gurs, Saint Martin de Vésubie...
Hérault, Alpes-Maritimes, Pas-de-calais, Allier...
émigration Hias-JCA Emigration Association (HICEM)...
voir Jewishtraces Europe
La Bibliothèque du CGJ contient plus de 20 titres sur le thème de la déportation (mots clef: déport)
Daniel FUCHS, l'un des deux auteurs du "Mémorial de la déportation
du Haut-Rhin", dont le CGJ dispose dans sa bibliothèque, a mis
en ligne son ouvrage grâce à la collaboration amicale et compétente
de l'équipe du site du Judaïsme
Alsacien.
Il nous a été demandé plusieurs fois des informations concernant le camp de Natzwiller-Struthof, unique camp d'extermination implanté sur le territoire français, à une cinquantaine de kilomètres de Strasbourg.
Le CRDP de Reims présente un dossier sur ce camp très bien
réalisé : http://www.crdp-strasbourg.fr/main2/albums/shoah02/index.php?parent=69
D'autre part, le site de généalogie juive internationale Jewishgen vient de mettre en ligne sur son site
http://www.jewishgen.org/yizkor/Natzweiler/nat001.html
un document (en anglais)
établi à partir de l'ouvrage "Die Namen der
Nummern" (Le nom des numéros), écrit par un
journaliste allemand, Hans-Joachim Lang, qui a passé
plusieurs années à identifier 86 victimes
d'expérimentation qui furent retrouvées dans ce
camp (où sont morts des milliers de
déportés) à la fin de la guerre,
à partir du numéro d'immatriculation
tatoué sur leur bras, et il a écrit leur histoire
personnelle. La liste des 86 victimes figure sur ce site. Il s'agit
surtout de victimes d'origine grecque, mais d'autres pays
également, dont un Français. Le site de Jewishgen
donne un lien vers le site du livre "Die Namen der Nummern"
où l'on peut consulter la biographie des 86 victimes (en
allemand) : http://www.Die-Namen-der-Nummern.de/
Le texte publié par JewishGen comporte un certain nombre
d'erreurs (qui seront certainement corrigées rapidement) que
nous rectifions ici. Lorsque les restes de ces victimes furent
découverts, ils furent inhumés le 23 octobre 1945
au cimetière municipal de Strasbourg Robertsau. En septembre
1951 ils furent transférés au
cimetière juif de Strasbourg-Cronenbourg). Fin 2005, en
présence de 25 des familles de ces victimes, ont eu lieu
l'inauguration officielle d'une stèle au
cimetière I de Cronenbourg, et l'apposition d'une plaque
à l'entrée de l'Institut d'anatomie de
Strasbourg, comportant le nom de ces "86". En septembre 1955 avait
été inaugurée une première
stèle : elle évoquait le terrible destin de ces
"cobayes humains", triés dans les camps, gazés au
Struthof, mais n'en donnait pas les noms, alors inconnus. Ce sont les
travaux de l'historien allemand Hans-Joachim Lang qui ont
redonné une identité aux "86".
Par ailleurs, c'est par erreur que le nom du grand rabbin Abraham
Deutsch est mentionné dans cet article : né le 16
février 1902, il est décédé
le 25 juillet 1992 à Jérusalem où il
habitait depuis 1969.
Notre adhérent Ernest
Kallmann a reçu et exploité des documents
inédits concernant la préparation du
convoi de
représailles n° 50 parti le 4 mars 1943
de Drancy
pour Maidanek. Leur contenu,
dépouillé avec
l’aide de bénévoles de notre Cercle, a
conduit à une étude qui apporte des informations
supplémentaires à ceux qui
s’intéressent aux tribulations des juifs
étrangers en France pendant la guerre.
Il apparaît ainsi que le sort de 73 personnes qui
étaient en vie à l’époque
sur les quelque 920 trouvées reste inconnu.
Convoi 73 du 15 mai 1944
Site web : http://www.convoi73.org/index1.html
Courriel : webmestre@convoi73.org
La base de données sur la Shoah de Jewishgen, tirée de pas moins de 194 sources, pointe 2.400.000 personnes déportées, internées, assignée à un ghetto, assassinées, victimes ou réchappées d' exactions commises dans toute l'Europe.
Yad Vahem est une institution créée par l'Etat d'Israël en 1953. Depuis 1955, elle a recueilli des Feuilles de Témoignage en Israël et dans le monde entier pour sauver de l'oubli le souvenir des Juifs qui n'ont pas survécu.
Les Feuilles de Témoignages (qui sont des sépultures symboliques) ont pour but de servir de commémoration éternelle pour les victimes de la Shoah. Les détails fournis procurent une identité à la victime, dont autrement le souvenir aurait été totalement effacé pour les générations à venir. Il s'agit d'une ultime tentative pour restituer aux victimes leur identité et leur dignité, que les nazis et leurs complices ont fait tant d'efforts pour anéantir.
Ces Feuilles de Témoignage qui sont envoyées à Yad Vashem par les parents ou amis des disparus, contiennent des détails biographiques sur la victime. Des organisations et communautés juives, les synagogues et les volontaires ont participé aux campagnes pour recueillir des noms. Trente mille nouvelles Feuilles de Témoignage, environ, sont recueillies chaque année. 3.000.000 de noms environ ont été rassemblés depuis 1955.
L’ensemble de ces Feuilles de Témoignages est consultable en ligne, sur
le site de Yad Vashem, et l’on dispose de plusieurs entrées pour faire
une recherche: nom, prénom, date et lieu de naissance, lieu de résidence
pendant la guerre.
Les informations données dans ces Feuilles de Témoignages sont très intéressantes,
et bien souvent aussi celles qui concernent le signataire de la feuille,
avec son adresse la plupart du temps.
Le site "A letter to the Stars" publie une base de données concernant des victimes de la Shoah en Autriche.